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revenfe porn

  • Le « revenge porn »

    Le revenge porn, ou porno de vengeance, vient de faire l’objet d’une évaluation aux Etats-Unis. Selon cette étude [PDF] sur « la pornographie non consensuelle », réalisée par le Data & Society Research Institute et le Center for Innovative Public Health Research, 4% des internautes américains, soit environ 10,4 millions de personnes, ont été menacées de ou ont subi le partage d’images explicites sans leur consentement (l’étude porte sur des images de nudité partielle ou totale, ou sans nudité mais à caractère sexuel). 3% des internautes US ont été menacés de diffusion en ligne de photo ou de vidéo explicite d’eux sans leur accord, et 2% ont effectivement vécu une telle diffusion. Les internautes lesbiennes, gay ou bisexuels (LGB) sont bien plus exposés que ceux qui s’identifient comme hétérosexuels : 15% aux Etats-Unis disent avoir été menacés de revenge porn, et 7% que quelqu’un a réellement diffusé des images intimes contre leur gré. Amanda Lenhart, une chercheuse coauteure du rapport, déclare : « Nos découvertes montrent que des groupes particuliers – comme les jeunes adultes et les Américains lesbiennes, gay et bisexuels – ne sont pas seulement bien plus à risque d’être victimes de pornographie non consensuelle, mais qu’ils sont aussi plus exposés à expérimenter toute une variété de harcèlement et d’abus en ligne. Ça inclut d’autres types de violation de la vie privée, comme voir leur activité en ligne ou téléphonique suivie, ou avoir leurs mots de passe volés ou extorqués. » Les auteurs de porno de vengeance peuvent utiliser la menace de publication, même s’ils ne passent pas à l’acte, pour intimider ou faire chanter leurs victimes. 10% des femmes de moins de 30 ans ont déjà été menacées de publication de photos explicites. Les hommes peuvent aussi être victimes : chez les moins de 30 ans, 4% des hommes et 6% des femmes ont déjà subi la diffusion d’images nues ou quasiment nues d’eux sans leur accord. Il y a souvent un piratage dans l’histoire, même si les auteurs de l’étude soulignent ne pas pouvoir faire un lien certain : 43% des internautes victimes de revenge porn ou de menaces de diffusion avaient eu leur ordinateur ou un compte personnel piraté. Le rapport rappelle deux événements en matière de porno de vengeance : Le Celebgate, cette diffusion en 2014 d’un demi-millier d’images intimes de célébrités (presque toutes des femmes) volées sur des comptes mail ou de stockage en ligne ; son auteur a écopé en octobre de 18 mois de prison. Cette année, la campagne de harcèlement en ligne contre une actrice de « Ghostbusters » et de l’émission « Saturday Night Live », dont des images et données personnelles ont aussi été dérobées et diffusées. (le rapport aurait pu mentionner des affaires similaires en Europe, notamment en Ecosse et en Italie – où une victime s’est suicidée) L’étude a été menée à partir d’un sondage sur un échantillon représentatif de 3 002 Américains de 15 ans et plus, mené du 17 mai au 31 juillet par téléphone, en anglais et en espagnol, par Princeton Survey Research Associates International. L’étude a été financée par une subvention de la Digital Trust Foundation.