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  • Conf'innov en Finlande

    Il n'y a pas longtemps, ma boîte m'a envoyé à Ryika en Finlande pour y participer à un incentive. Je suis habitué à en faire (ma DRH semble convaincue que c'est le remède à tous les problèmes), et de manière générale, je considère ce genre d'événement comme une punition. Je voyage déjà bien assez pour le travail, et ne passe pas autant de temps que je le souhaiterais auprès de mes proches. Je n'ai donc aucun besoin qu'un type en haut lieu me rajoute des déplacements supplémentaires pour me motiver à mieux travailler. Mais au final, lors de ce dernier incentive, je dois dire que j'ai été agréablement surpris. Celui-ci était en effet constitué d'une série de défis visant à promouvoir la cohésion de groupe. Un thème relativement classique, mais qui peut être traité de multiples façons. Et cette fois, on peut dire que cela a fonctionné. Il faut dire que quand vous vous retrouvez à devoir agir de concert, et avec la plus grande précision, pour créer une pyramide humaine, ça crée d'emblée une certaine connivence entre les participants ! Mais le meilleur, à mon sens, reste que les animations concouraient également à promouvoir la créativité de chacun. Et ça, c'est un sujet essentiel qui est rarement traité, au sein de l'entreprise. Au fil de ma carrière et de mes passages par diverses entreprises, j'ai pu observer combien les employeurs faisaient presque systématiquement l'impasse sur cette notion essentielle : l'imagination des collaborateurs. Le potentiel créatif est bien trop souvent brisé par un système de règles trop strictes, au sein duquel l'employé un peu inventif apprend à garder le silence. Il y a là une immense matière grise en stand-by dont les entreprises pourraient tirer profit, pour peu qu'elles apprennent à écouter les suggestions de ceux qui connaissent le mieux le terrain et les conditions de travail. J'ai décidément été ravi de cet incentive, car on y apprenait à encourager deux valeurs qui font à mon sens toute la différence avec le management à l'ancienne : la cohésion de groupe et la créativité individuelle. Voilà le site de l'agence qui a organisé ce voyage incentive en Finlande, si vous souhaitez en savoir plus.

     

  • Inégalités

    L'inégalité entre les sexes est souvent considérée comme un problème de femmes. Faux! Le genre n'est pas une question de femmes. Il s'agit de l'équilibre de pouvoir entre les hommes et les femmes et de relations exemptes de discrimination. L'égalité entre les sexes dans l'agriculture passe par l'empowerment des producteurs, des travailleurs agricoles et de leurs employeurs afin de bâtir des communautés où tous se sentent valorisés de la même façon. Moralement et économiquement, c'est un sujet que nous ne pouvons pas ignorer. Les femmes produisent jusqu'à 80% de la nourriture dans le monde. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture assure qu'éliminer les disparités entre hommes et femmes dans l'agriculture pourrait réduire de 150 millions le nombre de personnes souffrant de la faim. Parvenir à l'égalité entre les sexes et à l'autonomisation des femmes et des filles est l'un des 17 Objectifs du développement durable, et fait partie de la plupart des autres objectifs mondiaux. L'expérience du commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar nous montre qu'il n'y a pas de solution miracle aux obstacles rencontrés par les femmes et à la discrimination. Une de nos études menée dans des fermes horticoles révèle les profonds préjugés vis-à-vis des femmes qui travaillent en marge de cette industrie très lucrative. L'utilisation généralisée de main-d'œuvre féminine occasionnelle augmente le risque de violations des droits humains, de discrimination et de harcèlement sexuel. L'extrême pauvreté oblige souvent les femmes à travailler de longues heures pour nourrir leurs familles, ce qui leur laisse peu de possibilités pour s'impliquer dans les organisations et dans la prise de décision. La croissance rapide du secteur horticole aurait dû bénéficier aux femmes, majoritaires parmi les travailleurs, mais bien qu'il y ait eu des avancées, c'est loin d'être suffisant. J'ai récemment dirigé un programme de sensibilisation sur les questions de genre pour les dirigeants et les travailleurs de fermes et de plantations en Afrique de l'Est. Quand nous avons discuté à propos des violences à caractère sexiste, nous avons vu clairement qu'il y a encore beaucoup de malentendus à propos de l'égalité, autant entre les hommes qu'entre les femmes. Ce qui les a choqués le plus c'est que les hommes puissent aussi être victimes de l'inégalité entre les sexes. Il y avait beaucoup de confusion sur la définition du harcèlement ou de la discrimination au travail, mais également une volonté de remettre les choses en question et de changer la situation. J'ai compris l'importance de démystifier la question du genre en luttant contre les idées reçues, mais aussi en favorisant les connaissances nécessaires pour agir. Les femmes ont bénéficié de nombreux projets financés par la prime de développement du commerce équitable versée aux organisations de producteurs et de travailleurs. Leurs vies ont été transformées avec l'amélioration de l'accès à l'eau potable et à la santé, ou par des outils qui facilitent la vie comme les moulins à grains. Mais il est essentiel que les femmes obtiennent aussi leur part des revenus des ventes. L'accès à la propriété est un jalon important pour accroître la capacité des femmes à gagner un revenu propre. Dans le cadre d'un projet Fairtrade/Max Havelaar avec des producteurs de café engagés dans le commerce équitable au Kenya, les hommes ont transféré la propriété des caféiers à 150 femmes productrices. Le commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar ne peut pas inverser seul les inégalités ancrées dans de nombreuses sociétés agricoles depuis des générations. Il est vital que producteurs et travailleurs prennent en main ce problème par eux-mêmes. Le changement ne viendra que lorsque les dirigeants des coopératives et des plantations reconnaitront l'impact de leurs politiques sur les hommes et sur les femmes. Le commerce équitable est beaucoup plus qu'un logo sur un bouquet de fleurs, une barre de chocolat ou une tasse de café. Derrière ce logo il y a l'aventure humaine de petits producteurs et de travailleurs pour prendre en main leur avenir. C'est l'histoire de femmes qui ont cultivé, récolté et emballé vos fleurs: des femmes qui -soutenues par les gouvernements, les entreprises et les consommateurs- peuvent gagner un revenu décent et libérer leur potentiel sur un pied d'égalité.

  • La guerre des gauches

    Il y a des générations qui ont connu le Bloc des gauches, d'autres le Cartel des gauches. La nôtre connaîtra peut-être la gauche des cartels voire la gauche écartelée. Ne soyons pas trop sévères. La gauche a toujours été fractionnée. Beaucoup des fractures de notre temps font penser à celles qui existaient déjà sous la Troisième République. On se souvient des affrontements entre républicains modérés, radicaux, radicaux-socialistes et blanquistes. À propos des terroristes anarchistes, qui posaient eux aussi des bombes aux terrasses de café. Une certaine gauche leur trouvait des excuses et chantaient leurs louanges. Des Républicains modérés votaient des lois au nom de la sécurité. Et une large partie la gauche socialiste combattait ces lois dite "scélérates". C'est au fond un peu ce qui se joue depuis le 7 janvier et depuis le 13 novembre, mais pas seulement. Manuel Valls, qui ne cache pas s'inspirer de Clémenceau, a parlé de deux gauches irréconciliables. Il a raison sur le terrorisme et l'islamisme. Le divorce est consommé entre la gauche qui voudrait faire taire Kamel Daoud et la gauche qui souhaite parler de tout. Entre la gauche relativiste qui continue, non pas d'expliquer mais de trouver des excuses, sociales ou post-coloniales, à l'intégrisme et au terrorisme. Et la gauche républicaine et laïque pour qui défendre les droits des femmes et la laïcité permet de désamorcer à la fois la propagande raciste et jihadiste. Non pas qu'on ne puisse pas lire Charlie et Mediapart à la fois. Ni être à la fois contre l'intégrisme et contre la déchéance de nationalité. On peut. Mais pour l'essentiel, ces deux gauches là sont désormais, pour de bonnes raisons, irréconciliables. Mais ce n'est qu'une des lignes de fracture, majeure, en train d'alimenter la guerre des gauches... La gauche est morcelée non pas en deux camps mais au moins en cinq si l'on tient compte de la question économique et du positionnement international. Ne parlons pas de la guerre des ego, juste du fond. On ne voit pas comment concilier la gauche plutôt flexibilité-d'abord et la gauche sécurité-de-l'emploi-d'abord. Comment réconcilier la gauche Poutine-d'abord et la gauche Qatar-d'abord. Ni ces gauches avec la gauche qui, dans l'ensemble, refuse de s'aligner sur l'un de ces axes. Plus au centre gauche, il existe même de vraies nuances entre la gauche Valls (républicaine, laïque et flexi-sécurité) et la gauche Macron (libérale à tous points de vue). Faut-il rapiécer tout ce petit monde ? Est-ce possible, comment et surtout qui le souhaite ? Peu de politiques y ont pas intérêt. Car ils n'ont pas le même intérêt. A commencer par le Premier ministre et le président de la République. François Hollande a intérêt plutôt à l'union de la gauche derrière ce qui reste de sa candidature. Manuel Valls, lui, a plutôt intérêt à l'implosion-clarification pour tenter de constituer une autre gauche en vue de l'échéance d'après. C'est aussi ce qui empoisonne cette fin de mandat. Tout devient nucléaire avec la loi travail. Voilà une réforme qui menée par deux têtes de l'exécutif qui n'ont pas le même intérêt, en fin de mandat, par un président qui n'a pas été élu sur un programme aussi social-libéral. Autant dire que la loi travail avait tout pour dynamiter, façon puzzle, les forces de gauche. On pourrait imaginer une sortie de crise. Un compromis. Ceux qui veulent sacraliser le code du travail pour en faire un marqueur idéologique doivent accepter une dose de flexibilité pour favoriser l'embauche en CDI. Ceux qui veulent la flexibilité à tout prix ne doivent pas livrer les salariés au rapport de force permanent et inégal dans leur entreprise, dans un pays où il n'existe pas de contre-pouvoir syndical aussi fort qu'en Allemagne. Ce compromis demande une certaine maturité. Le Premier ministre a voulu jouer la fermeté, il doit maintenant reculer. Ceux qui diront toujours rouge s'il dit jaune, vert ou rose, vont-ils faire un pas à leur tour ? Rien n'est moins sûr. Pourtant, sans ce compromis, le gauche sortira en miettes de ce débat. Avec peu de perspectives. Car sur quelles bases recomposer ?