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L'Afrique et le paludisme

Cette dernière décennie, les Etats africains ont consenti beaucoup d’efforts dans la lutte contre le paludisme. En absence d’un vaccin efficace, ils ont ainsi mis un accent particulier sur l’accessibilité et à l’utilisation des MII. Les MII réduisent non seulement les contacts avec les moustiques en associant une barrière physique à un effet insecticide, mais également la population des moustiques vecteurs du paludisme. La littérature existante (Lengeler, 2004) montre qu’une utilisation répandue des MII pourrait réduire de 20% la mortalité infantile. Cependant, les faibles ressources financières limitent encore dans certains pays l’accès à ces moyens de prévention du paludisme. Plusieurs auteurs (Onwujekwe et al., 2004 ; Matovu et al., 2009) ; Ye et al., 2012) montrent que par rapport aux ménages non-pauvres, les ménages pauvres ont moins accès aux MII. Pour réduire cette inégalité sociale, et sous recommandation de l’OMS, plusieurs pays endémiques ont adopté la gratuité de ces MII. La proportion des enfants de moins de 5 ans qui dorment sous la MII est ainsi passée de 2% à 68% entre 2000 et 2015 en Afrique subsaharienne (OMS, 2016). La même source indique que la mortalité associée au paludisme a diminué de 21% entre 2010 et 2015, du fait de cette large utilisation de ces moyens de prévention. Des efforts importants sont également notés du côté de l’offre de service de santé. Les pays endémiques adoptent de plus en plus de politique de traitement appropriée à travers l’approvisionnement des centres de santé en tests de diagnostic rapide et en médicaments antipaludiques (les combinaisons à base d'artémisinine - ACT -) de qualité recommandés par l’OMS. Malheureusement, une faible proportion (14%) d’enfants de moins de 5 ans souffrant d’infections palustres et soignés dans les structures de santé modernes est traitée par l’ACT, d’après le dernier rapport mondial sur la maladie. Le coût élevé des ACT (environ 8 $ à 9 $ pour le traitement d'un adulte infecté), mais aussi la qualité insuffisante de l’offre de service de santé (mauvaise gestion des stock des médicaments (ACT) et des équipements (comme les kits TDR), qualification insuffisante du personnel soignant) pourraient entre autres expliquer cette faible utilisation des ACT. Pour pallier à ces insuffisances notées dans la qualité de l’offre des services de santé, des nouvelles réformes dites « innovantes » sont apportées ces dernières années dans les systèmes de santé. Parmi ces réformes, nous citons celles apportées par le Financement Basé sur les Résultats (FBR). Le FBR est en fait une approche du système de santé axée sur les résultats, qui vise à accroitre l’utilisation des services de santé maternelle et infantile. il accorde des incitations aux prestataires de service en fonction de leur performance, évaluée sur la base de la réalisation d’un certain nombre d’indicateurs de résultats préalablement définis par les Etats eux-mêmes. C’est une politique de contrôle de l’offre de service de santé pour inciter la demande, soutenue par la Banque mondiale.

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