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De la discrimination en Croatie

Les discriminations contre les membres de minorités ethniques et les Roms sont restées monnaie courante en 2016. Si le cadre législatif relatif à la prévention de la discrimination prévoyait une protection satisfaisante, il restait néanmoins très peu utilisé. La période d’instabilité politique du début de l’année a été accompagnée d’une montée de la rhétorique nationaliste et des propos haineux ciblant des groupes spécifiques, notamment les personnes d’origine serbe, les réfugiés et les migrants. Des organisations de la société civile ont constaté de plus en plus de cas dans lesquels les médias et certains représentants de l’État faisaient resurgir l’idéologie fasciste du passé en encourageant le recours à une iconographie provocante et en nourrissant plus généralement un sentiment anti-minorités. Les incitations à la discrimination, voire à la violence, envers des minorités ont rarement fait l’objet d’enquêtes. En revanche, les tribunaux ont régulièrement engagé des poursuites pour diffamation et insulte à l’honneur et à la réputation. Ces infractions étaient considérées comme des infractions graves relevant du Code pénal. Dans ces circonstances, les journalistes demeuraient exposés à des poursuites. En termes de droits des minorités ethniques, selon le HCR, environ 133 000 personnes d’origine serbe qui avaient fui la Croatie durant la guerre (soit plus de la moitié d’entre elles) avaient regagné le pays fin 2016. Le HCR a néanmoins exprimé des préoccupations quant aux obstacles auxquels se heurtent les Serbes qui tentent de récupérer leurs biens. Le nombre de personnes issues de groupes ethniques minoritaires employées dans les services publics est resté en deçà des objectifs du pays. Les personnes d’origine serbe ont rencontré des obstacles majeurs à l’emploi, tant dans le secteur public que privé. Le droit de recourir à des langues et des écritures minoritaires n’était toujours pas respecté dans certaines villes et continuait d’être politisé. Quant aux Roms, malgré les efforts des autorités pour améliorer leur intégration, ceux-ci ont continué de se heurter à des obstacles considérables qui les empêchaient d’avoir véritablement accès à l’éducation, à la santé, au logement et à l’emploi. Le HCR a dénombré 2 800 Roms qui ne disposaient pas d’un permis de séjour permanent ou temporaire et risquaient donc de devenir apatrides. Les Roms ont par ailleurs rencontré des difficultés dans l’obtention de documents d’identité, ce qui limitait leur accès aux services publics.

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