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La protection sociale et le capitalisme

Plus généralement, le domaine de la protection sociale a subi des transformations importantes. L’orientation générale des réformes a été d’aller vers une protection sociale moins généreuse et plus « active ». Cette « activation » de la protection sociale repose sur l’idée que le meilleur moyen d’assurer un revenu à l’individu est de le faire participer au marché du travail. On a vu que dans le domaine des indemnités de chômage, les trajectoires des pays étaient contrastées. Les pays du Nord de l’Europe, en particulier, ne s’orientent pas vers une protection sociale minimale de type néolibéral. On peut faire appel là encore aux indicateurs synthétiques de L. Scruggs et présenter les indices de générosité des systèmes de protection sociale pour l’indemnisation maladie et les retraites (tableau 2), qui sont calculés de la même manière que les indicateurs de générosité de l’indemnisation chômage. Comme on le voit dans le tableau 2, la majeure partie des évolutions se fait dans le sens de moins de générosité, avec cependant certaines évolutions intéressantes, comme dans le cas des retraites aux ÉtatsUnis. Des différents types de capitalisme représentés dans le tableau, c’est le capitalisme continental qui semble le plus affecté. Les évolutions les plus récentes confirment cette tendance de façon encore plus prononcée, notamment en Allemagne où la mise en place des réformes Hartz (5) a considérablement diminué la générosité du système de protection sociale. La concurrence sur le marché des biens et services La concurrence sur le marché des biens et services est un autre domaine dans lequel les spécificités des modèles nationaux de capitalisme ont été affectées. Les pays européens ont notamment vu l’achèvement du marché unique au début des années 1990 puis l’extension progressive de la concurrence à des activités jusque-là protégées, comme par exemple les services soumis à réglementation. Les indicateurs chiffrés de réglementation des marchés de produits tels que ceux proposés par l’OCDE montrent bien un mouvement généralisé vers une diminution de la réglementation des marchés (OCDE, 2005) (6). Cette déréglementation peut provenir d’un « assouplissement » des conditions d’entrée dans une activité, d’un retrait de l’État de certains secteurs (privatisations), de la fin des monopoles publics dans certaines activités (industries de réseaux), etc. Dans ces domaines, c’est bien le modèle néolibéral qui triomphe, avec un raisonnement simple justifiant ces évolutions : le principe de concurrence doit être généralisé à l’ensemble des activités économiques afin d’inciter les agents à être les plus efficaces et les plus innovants possible.

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